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Discours du 8 janvier 2016

Discours de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Dominique Kilufya Kamfwa, prononcé le 8 janvier 2016, à l’occasion de la réception organisée pour sa présentation à la communauté congolaise de Belgique.

Mesdames et Messieurs,

Chers invités en vos titres et qualités respectives,

Chers compatriotes,

Avant toute chose, mon épouse et moi-même ainsi que tous les membres de notre ambassade avons le plaisir de vous adresser nos vœux de bonheur, de bonne santé et de prospérité pour cette nouvelle année. Que Dieu réconforte vos cœurs et qu’il vous donne le courage et la sagesse qu’il faut pour faire la paix avec vos proches et traverser cette année dans la joie, l’amitié, l’amour et la concorde fraternelle.

Je saisis également cette occasion pour vous remercier d’avoir trouvé le temps de répondre à notre invitation en dépit de vos multiples occupations.

Le 9 décembre dernier, j’ai officiellement pris mes fonctions comme ambassadeur de la République démocratique du Congo près le Royaume de Belgique, votre pays de résidence.

Venant du Canada où nous avons pourtant une communauté nationale parmi les plus grandes et les plus actives, mon épouse Colette et moi-même avons trouvé en arrivant ici, une présence congolaise encore plus marquée, plus agissante et plus colorée qui réduit à néant la distance et les frontières entre Kinshasa et Bruxelles.

C’est bien entendu un grand privilège et un grand honneur de représenter la République démocratique du Congo, dans un pays comme celui-ci, qui garde avec elle, des liens très étroits et très complexes, tissés depuis l’époque de la colonisation. C’est aussi et surtout une redoutable responsabilité qui incite à la plus grande vigilance pour ne pas détruire l’édifice qui a été patiemment et inlassablement construit par mes illustres prédécesseurs au rang desquels figurent de très hautes personnalités de notre pays. L’héritage qu’ils m’ont légué est tellement riche et tellement varié que toute nouvelle initiative paraît vaine et insignifiante.

J’ai appris, par exemple, que des efforts titanesques ont été déployés pour impliquer la diaspora congolaise dans la promotion et le rayonnement du Congo, de son énorme potentiel humain, culturel, scientifique, artistique et j’en passe.

Des voyages ont été organisés, des revues ont été créées, des expositions artistiques, des divertissements spectaculaires, des concours de beauté, des forums, des colloques, des conférences, ont démontré au public belge et européen, l’immense talent des Congolais et les capacités organisationnelles des chefs de mission qui m’ont précédé dans cette fonction. Au regard de toutes ces réalisations, on peut, à juste titre, se demander à quoi peut encore servir un nouvel ambassadeur.

Avec toute modestie et en mesurant bien les limites de mes capacités qui ne permettent pas de changer le monde, je vais vous dire à quoi je peux servir et quelle est mon ambition pour ce poste, même si évidemment en tant qu’Ambassadeur, je ne suis après tout que le messager du Président de la République et de notre gouvernement.

Ma première mission sera d’entretenir cette flamme que d’autres avant moi, ont allumé, la flamme de l’amour pour le pays, la flamme de la passion d’imaginer, de créer, d’entreprendre pour donner à cette République que nous chérissons tous, la fierté qui lui manque et les mayens d’assumer son rôle sur l’échiquier continental et international.

Souvenez-vous à ce propos, de l’exhortation que nous faisait le Roi des Belges, le jour de la proclamation de notre indépendance, je cite : « Restez unis et vous saurez vous montrer dignes du grand rôle que vous êtes appelés à jouer dans l’histoire de l’Afrique ».

Et justement, au cours de cette année qui commence, notre amour de la patrie et notre unité, seront mis à rude épreuve. Année de tous les défis selon le Président de la République, 2016 s’annonce comme l’année qui pourrait, si nous n’y prenons pas garde, freiner l’élan du processus de reconstruction dans lequel notre pays est engagé depuis quelques années et qui suscite tant d’espoir au sein de la communauté nationale.

Devant ce danger qui nous guette, restons unis et pour rester unis, nous devons oublier nos ego et réfléchir ensemble au meilleur moyen de surmonter nos divergences et nos querelles partisanes.

Le dialogue convoqué par le Chef de l’Etat et encouragé par le Secrétaire général des Nations unies, la CENCO et toutes les Eglises du Congo, apparaît comme le meilleur moyen, sinon l’unique moyen de décrisper la situation politique et d’obtenir des élections crédibles, fiables et apaisées.

Notre jeune démocratie va trouver beaucoup d’obstacles sur son parcours ? Ce n’est pas l’obstacle en soi qui pose problème, mais notre capacité à le surmonter. Nous ne serons un grand peuple, admiré et respecté par les autres peuples du monde que le jour où nous serons capables de travailler ensemble pour vaincre les obstacles à notre épanouissement qui se dresseront devant nous.

Le Président de la République, dans ses vœux de Nouvel An, a rappelé que la responsabilité de la classe politique et sociale est engagée, car à travers le dialogue politique national et inclusif, un consensus devra être trouvé sur les questions qui posent problème en vue de jeter les nouvelles bases des scrutins prévus par le calendrier électoral global du 12 février 2015 et dont aucun n’a été réalisé.

Pour réaliser cette première mission, mon équipe et moi-même, vous invitons et vous appelons, dès aujourd’hui, à des échanges réguliers pour partager nos expériences entre patriotes et conjurer le mauvais sort que d’aucuns voient venir à grands pas. Ces échanges se feront avec toutes les franges de notre communauté : les associations, les partis politiques, les confessions religieuses, les étudiants, les professionnels, hommes et femmes, jeunes, nous vous attendons. Point n’est besoin pour cela, que vous receviez de notre part une invitation formelle. Cette adresse, en elle-même, constitue déjà une invitation. Venez chers compatriotes, adressez-vous à notre secrétariat, un rendez-vous, vous sera fixé et nous échangerons sans tabous sur tous les sujets brûlants de l’heure :

-          Échéances électorales,

-          Dialogue inclusif,

-          Votre participation aux élections,…et sur tant d’autres sujets qui vous tiennent à cœur.

Dans le rôle qui est le nôtre, nous nous ferons l’impérieux devoir de transmettre à qui de droit tout document qui nous sera remis.

Ma deuxième mission sera justement axée sur le renforcement des liens que mes prédécesseurs on tissés avec chaque composante de notre communauté. Pour cela, cette ambassade qui est déjà votre maison commune, sera également un havre de paix, un lieu où vous devez toujours vous sentir chez vous.

Mon équipe et moi-même, ne ménagerons aucun effort pour vous offrir un accueil digne de l’hospitalité congolaise et vous permettre d’effectuer toutes vos démarches administratives dans les meilleures conditions.

Je vous invite à faire de cette ambassade votre alliée, plutôt que votre adversaire. Certains compatriotes ignorent que leur ambassade est là, pour les aider à faire avancer une démarche ou à soumettre une revendication. Plutôt que de leur jeter des pierres, il faut approcher vos diplomates et leur soumettre vos préoccupations. Ils se feront un devoir de les transmettre à qui de droit et de cette façon, vous aideront à régler toutes sortes de problèmes.

Il nous faudra pour vous faciliter la tâche, améliorer nos structures d’accueil, faciliter les communications, ainsi que les formalités administratives, en constituant notamment des banques de données et en faisant recours aux nouvelles technologies de traitement administratif.

Nous feront tout ce qu’il faut pour améliorer l’image de notre pays en rappelant que c’est une tâche qui vous incombe également, car nous représentons tous la République démocratique du Congo, dans nos sphères d’activité. De l’image que nous donnons de nous-mêmes, dans notre vécu quotidien, dépend l’image et la réputation de notre pays.

Sachez une chose, mes frères et sœurs, chacun et chacune, d’une façon ou d’une autre, vous êtes des ambassadeurs du Congo. C’est au travers de vous, que notre pays est jugé et apprécié…La valeur, l’importance que vous donnez à votre conduite partout où vous êtes (habitation, travail, fréquentations,…), fera que le pays d’où vous venez, puisse être considéré ou déconsidéré.

Pour revenir aux services de l’ambassade, je vous annonce le lancement du nouveau passeport congolais, à puce électronique qui bénéficie des techniques de sécurité les plus modernes et qui répond aux exigences de la réglementation de l’OACI. Nous attendons de recevoir de la Centrale, des instructions détaillées sur la mise en circulation de ce nouveau passeport dont le lancement a déjà été effectué par le Président de la République.

Ceux d’entre vous qui ont récemment rempli les formalités pour l’obtention de l’ancien passeport, seront également informés des dispositions que la Centrale prendra à cet effet. Les détenteurs de l’ancien passeport ne devraient pas s’inquiéter dans la mesure où celui-ci, restera valable jusqu’à la date d’expiration.

La sortie de ce nouveau passeport nous donnera également l’occasion de reconstituer les données dans la perspective des élections prochaines.

Pour la première fois, en effet, vous pourrez avoir l’occasion de participer aux votes nationaux ; c’est une opération à laquelle nous devrons nous préparer sous le contrôle de la CENI, pour offrir à tous nos compatriotes de l’étranger des élections transparentes et crédibles.

Comme troisième mission, je voudrais encourager tous ceux qui cherchent à promouvoir des projets dans le domaine social, dans l’agriculture, dans l’énergie. Je voudrais leur dire que l’Ambassade sera à leur entière disposition pour les accompagner dans leur quête. Je sais que vous êtes nombreux à vouloir faire quelque chose pour votre pays.

Après tout, on ne construit pas une nation en ne faisant que de la politique.

Notre pays a certes besoin de politiciens éclairés, mais il a encore et surtout besoin des opérateurs économiques, pour faire reculer le chômage et combattre la pauvreté. Plutôt que de toujours transférer de l’argent, ce qui n’est pas une mauvaise chose, faites davantage de transfert des connaissances et des idées, pour apprendre à nos compatriotes à vivre à la sueur de leur front, car apprendre à pêcher, vaut beaucoup mieux que donner du poisson. En agissant de la sorte, vous reprendrez la place que trop souvent, nous laissons aux expatriés, comme s’ils étaient les seuls capables de donner de l’emploi à nos compatriotes.

Nous savons tous que dans une compétition sportive, les meilleurs joueurs ne sont pas sur le terrain, mais dans le pourtour : ceux qui ne ratent aucun but, qui font les meilleures passes, les meilleurs dribbles, ceux qui courent plus vite et qui ne sont jamais fatigués. Le problème c’est qu’en restant dans le pourtour, votre apport est moindre, même si vous faites des bonnes analyses. Allons tous sur le terrain et goûtons au plaisir de participer activement à la reconstruction de notre cher et beau pays.

C’est là, mon projet pour la communauté congolaise. Ce projet n’est pas exclusif, il pourra s’enrichir de votre apport au fur et à mesure que nous aurons à échanger. Mon propos n’a pas non plus, pris en compte les objectifs que nous nous sommes assignés en ce qui concerne les relations bilatérales avec la Belgique, notre pays d’accueil.

Mais, je ne voudrais pas abuser davantage de votre patience. Je viens d’arriver et nous aurons suffisamment de temps pour nous connaître et pour travailler ensemble. J’ai bon espoir que nous aurons beaucoup d’expériences à partager et j’adresse le même message à ceux qui n’ont pas pu se joindre à nous ce soir. Leur tour viendra sans aucun doute car cette maison est à vous et elle restera votre point de ralliement.

Soyons debout et dressons nos fronts longtemps courbés.

Que vive le peuple congolais

Que vive la République démocratique du Congo,

Que vive les relations belgo-congolaises,

Que Dieu bénisse cette année 2016,

Je vous remercie.


 

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