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Le Président Kabila à la Presse : "Le Congo est sur une bonne voie..."

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demo32Le Chef de l’Etat a choisi la date du 26 janvier 2018 pour s’adresser aux médias auxquels il a d’emblée présenté ses voeux les meilleurs pour la nouvelle année. 

 

Il a émis le souhait d’avoir plutôt une conversation avec les journalistes au lieu d’une conférence de presse classique. C’est ainsi qu’il a rappelé son parcours au cours de ces 17 dernières années, faisant observer au passage que sa démarche visait de "clarifier la situation, d’informer l’opinion, de corriger" et, tout naturellement, de consolider le rassemblement du peuple congolais. Son constat, ces temps derniers, est qu’"on a tout dit, sauf la vérité", se désolant de la propension de certains faiseurs d’opinion à ne voir que du négatif partout pendant qu’il se passe des choses positives...

Schématisant les sujets à aborder avec l’étape des "questions-réponses", il a tenu à s’exprimer sur la situation sécuritaire, la situation politique, le processus électoral en cours, les relations avec les voisins, les relations avec les partenaires, les relations avec la Monusco, la situation économique et sociale et la reconstruction.

La conversation avec les médias survenant le 26 janvier 2018, le Président de la République a rappelé l’événement triste qui s’était produit dix jours plus tôt avec l’assassinat du Président Laurent-Désiré Kabila.

Le Congo, à ce moment-là, a dû faire face à une guerre d’agression embrasant une bonne partie du pays, de Zongo (Equateur) à Pweto (Katanga) en passant par le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema et une partie du Kasaï. Ont surgi des zones de non droit. Le Dialogue prévu dans l’Accord de Lusaka était en panne. Bref, pas de perspective claire quant à la réunification du pays, de même qu’à l’organisation des élections.

On ne peut même pas parler de cadre macroéconomique, les indicateurs économiques étant au rouge, le taux de croissance négatif, la dette extérieure de 14 milliards de USD - non contractée par Laurent-Désiré Kabila - lourde.

Autant parler d’une situation catastrophique.

Dès son investiture, a relevé le Chef de l’Etat, la priorité de son action a été - au travers de la relance du Dialogue intercongolais - la réunification nationale, la pacification, la stabilisation de l’économie et l’organisation des élections.

"En toute modestie, nous avons réussi à réunifier et à pacifier le pays entre 2003 et 2006, à stabiliser le cadre macroéconomique" dans l’objectif bien précis d’enclencher le processus électoral.

"Depuis 2006 à ce jour, une politique volontariste a été engagée" en RDCongo, notamment avec les Grands Travaux, a-t-il conclu, estimant toutefois le cadre non approprié pour énumérer les réalisations engagées dans le cadre de la reconstruction nationale.

C’est à l’issue de cette introduction qu’il a commencé à décrire point par point les sujets nécessitant clarification.

Situation sécuritaire

Sur les 26 provinces que compte la RDCongo, deux seulement sont dans une situation réellement inquiétante : le Nord Kivu et le Sud Kivu. Sur les 145 territoires, 5 à 6 sont affectés.

Le Chef de l’Etat a rappelé l’épisode de l’entrée des réfugiés rwandais en 1994 en terre congolaise non seulement avec des enfants, mais aussi avec des armes. Et c’est-là l’origine du cauchemar. Il est vrai qu’auparavant, le Kivu connaissait aussi des situations d’insécurité. Mais, à la suite de l’entrée massive et incontrôlée des réfugiés hutus, l’insécurité s’est généralisée et aggravée.

En 2005, a-t-il relevé, une première opération de réunification avait eu lieu. Elle concernait 300.000 éléments issus autant des Forces armées congolaises (Fac) que des mouvements rebelles. En 2006, la démobilisation avait permis de les réduire de plus d’un tiers. Objectif : construire une armée nationale républicaine.

Dans le cas précis du Nord Kivu, il n’y a avait pas que des rebelles congolais. Il y avait aussi des Fdlr (ex-Far et milices Interahamwe) venues du Rwanda et des Adf-Nalu en provenance de l’Ouganda, adossé côté RDCongo sur le massif du Ruwenzori. Ces organisations se singularisent par des attaques qu’elles mènent contre les populations civiles congolaises.

Au Sud Kivu, la situation est presque la même avec cependant, pour exception, l’alliance de certains mouvements Maï-Maï avec les rebelles burundais. Leurs cibles sont les populations civiles et les Institutions.

Entreprises par les Fardc, les opérations en cours visent l’éradication du terrorisme.

Le Président Joseph Kabila a saisi l’occasion pour aborder la situation dans les Kasaï, précisément les 3 provinces kasaïennes, une partie du Lomami et une autre du Sankuru. Au regard des actes perpétrés, le mouvement dit Kamwina Nsapu a tout d’une organisation terroriste.

Il a rouvert une page d’histoire rappelant le modus operandi (décapitation, mutilation des corps etc.) observé en 2016 et 2017. Cela avait déjà été le cas en 1959 pendant la colonisation belge et en 1961 au lendemain de l’Indépendance. D’où la cérémonie de réconciliation organisée au lac Mukamba.

La différence entre les deux épisodes est que si, pour le premier, il n’y a pas eu de poursuites judiciaires, pour le second l’impunité n’est pas de mise. "Cette fois, la réponse est catégorique : c’est la justice qui s’en occupe".

Les sanctions pour les Kasaï sont les mêmes que pour le Nord et le Sud-Kivu, de même que pour toute autre province qui connaîtrait une situation similaire.

S’agissant des Kasaï en particulier, le Président de la République a déploré la tendance à la minimisation, à la banalisation de ce qui s’y est passé. Bien des leaders, tout en étant conscients de la nature terroriste du phénomène dit "Kamwina Nsapu", ont mené une campagne de déculpabilisation, de déresponsabilisation des criminels qui ont même attaqué les églises. Ceci pour le point négatif.

Pour le point positif, il s’est réjoui de la pacification à plus 85 % des zones troublées, de l’enrôlement des électeurs presqu’à terme, du retour des compatriotes qui se sont refugiés en Angola et de la consolidation de la sécurité grâce à l’action couplée "Fardc/Pnc". "Ici et là, il y a des récalcitrants devenus des coupeurs de route avec pour cible la population", a-t-il déploré.

Situation politique

Abordant le sujet politique, il est rentré dans l’histoire pour relever l’option levée après la réunification de faire adopter par référendum la Constitution. "En 2005, je suis le seul à avoir fait campagne" pour le référendum constitutionnel pendant que "les autres étaient à Kinshasa dans les bistrots, les ambassades...", a souligne le Chef de l’Etat, surpris de les voir aujourd’hui "prétendre défendre la Constitution". Il s’est dit étonné de la capacité de retournement des politiciens.

Parmi les acteurs ayant dit non, quelques uns déclaraient que même adopté et promulgué, ce texte sera rejeté une fois aux affaires. L’Eglise catholique, hélas, s’était mise du côté des contestataires. "Quant à moi, je suis resté constant. D’ailleurs, c’est ma Constitution".

C’est à cette étape que le Président de la République a exprimé sa conception de la démocratie. "La démocratie est un choix politique et idéologique. C’est par conviction et non par contrainte qu’on est allé aux élections en 2006 et en 2011. C’était une décision bien réfléchie. C’était pour moi le passage obligé pour la reconstruction", a-t-il affirmé avant de poser la question de savoir "Qui a tué la démocratie dans ce pays en 1960" ?

A peine élu Premier ministre, Patrice-Emery Lumumba avait été assassiné. "Oui, on avait tué un homme, et avec lui la démocratie", a-t-il déduit avant d’interpeller la presse par cette autre question : "Mais qui a rendu effective cette démocratie ?" avant d’inviter les "tueurs" de la démocratie à "être plus humbles".

Aux Congolais, il va dire : "Le Congo n’est pas complexé. Vous ne devez pas vous sentir complexés".

Par rapport aux libertés d’expression, il a mis au défi ses détracteurs de citer un seul pays d’Afrique central ayant autant de médias et de partis que la RDCongo. Il a même lancé une pique en direction de certains acteurs qui, après une beuverie le soir, cherchent par quel scoop discréditer le pays, son peuple et ses institutions.

Autant il s’est déclaré pour l’exercice de toutes les libertés, autant il s’est opposé et va s’opposer au libertinage.

Processus électoral en cours

"Personne ne peut et ne doit prétendre que la démocratie, ils nous l’ont imposée. Non. C’est le choix des Congolais". C’est en ces termes que le Chef de l’Etat a introduit ce sujet brûlant ; décrivant le contexte de la tenue du premier cycle électoral (2006) et du deuxième (2011) avant d’esquisser le troisième.

Du premier, il ressort qu’il s’agit des premières élections réellement pluralistes tenues depuis 1960. Organisateur : Commission électorale indépendante présidée par l’abbé Apollinaire Malu-Malu. Un catholique. Nombre d’enrôlés : 26 millions. Budget : entre 350 et 400 millions de dollars financés par les partenaires extérieur. En dépit de critiques, première expérience réussie.

Malheureusement, l’Eglise catholique va s’engager dans la logique de contestation.

Résultat : la guerre de 2007 en pleine ville de Kinshasa.

Du deuxième cycle, l’organisateur sera la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) présidée par un méthodiste, pasteur Daniel Ngoyi Mulunda. Nombre d’électeurs : 32 millions. Budget : entre 400 et 450 millions de dollars financés entièrement par le Gouvernement congolais.

Il va se passer quelque chose de curieux, cette fois-là : à trois semaines de la date des élections, le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, chef de la Monusco, approche au nom de la communauté internationale le Chef de l’Etat pour lui demander de postposer les échéances de six ou 9 mois. Réponse : les élections doivent être organisées à la date prévue. Deux jours après, la Monusco - impliquée pourtant fortement dans la logistique - annoncera son retrait. Or, la logistique est la base même des élections. Résultat : le Gouvernement sera obligé de louer des hélicoptères et des avions pour relever le défi. Les élections seront obligées contre la volonté de la communauté internationale. Et comme en 2006, les candidats malheureux vont se livrer à la contestation, et avec eux l’Eglise catholique.

Que faire alors pour la 3ème cycle ?

Le souci du Chef de l’Etat, affirmera-t-il, reste la cohésion nationale à laquelle s’ajoute le financement électoral qui est une question de souveraineté.

La vérité par rapport à la non-tenue des élections en 2016 se situe dans la situation de guerre connue en 2012 avec le M23. Après la prise de Goma, un consensus national s’est dégagé pour définir comme priorité l’effort de guerre. "Pendant 18 mois, les moyens ont été orientés vers la reconquête de la ville de Goma" et des parties de la province occupées par cette organisation, a-t-il poursuivi.

Il ne regrette pas ce choix. C’était une bonne décision.

Pour le cycle actuel, il a procédé par comparaison : la RDCongo, c’est 46 millions d’enrôlés. L’Angola : 20 millions. Le Congo-Brazzaville : 2.100 mille. Gabon : 500 mille. Ainsi, le processus électoral pris dans son ensemble est une vaste opération, un challenge dans le territoire national.

Les Congolais ont le choix entre voir leur pays cité parmi les plus démocratiques au monde et un pays développé. C’est le lieu de lever les options courageuses.

En attendant, le Gouvernement continue de financer le processus. Jusque-là, c’est entre 20 à 30 millions par mois, bientôt ce sera entre 35 et 40 millions. En attendant, le calendrier électoral a été publié et la loi électorale promulguée. La loi sur la répartition des sièges sera promulguée à l’issue de la consolidation du fichier électoral.

"On est sur la bonne voie, et l’objectif, in fine, c’est l’organisation des élections", a-t-il renchéri, non sans déplorer la résistance observée en 2006 et en 2011. Pendant que tout le monde constate que d’un côté, une feuille de route est élaborée et des options sont levées pour aller aux élections, de l’autre, on propose plutôt un saut dans le vide avec des initiatives sans base juridique.

Se montrant ouvert à l’amélioration du processus électoral, il a émis le voeu de voir les personnes ayant de bonnes idées y apporter leur contribution.

Relations avec les voisins

Les relations sont bonnes en dépit de toutes les rumeurs distillées. Il y a des réfugiés centrafricains, sud-soudanais, rwandais et burundais sur le territoire congolais. De même qu’il y a des refugiés congolais dans quelques pays voisins. D’où des contacts en bilatéral et en multilatéral pour résoudre les problèmes à court, à moyen et à long terme comprenant, entre autres, les groupes armés, l’exploitation des minerais etc.

"L’ambition de la République Démocratique du Congo, c’est la coopération économique", a-t-il fait observer.

Relations avec les partenaires

Avec le reste des partenaires extérieurs, les relations sont également bonnes, sauf quelques exceptions. Ces exceptions, le Président de la République les a présentées en termes de refus de diktat (Le Congo tient à se faire respecter), de rejet de subordination de l’aide (le Congo n’est pas à vendre) et de revendication de respect de son peuple et de ses institutions. "Même l’homme le plus pauvre a besoin de dignité", a-t-il averti.

Relations avec la Monusco

Le Chef de l’Etat s’est prononcé, s’agissant de la Mission onusienne, pour la clarification des relations à la suite des incompréhensions qui se produisent. La RDCongo, a-t-il annoncé, va exiger le respect de l’Accord de siège que viole délibérément la Monusco. Les raisons avancées sont notamment les attitudes attentistes adoptées événements du Kivu et du Kasaï. Lorsque le Gouvernement, sur base des informations en sa possession, a prouvé que les Adf-Nalu sont devenus effectivement un mouvement terroriste au sein duquel opèrent aujourd’hui ougandais, somaliens, kenyans et même sud-africains, la Monusco a émis des doutes. Il a fallu la mort des Casques bleus tanzaniens pour qu’elle se ravise. Mêmement pour les fameux "Kamwina Nsapu". Lorsque le Gouvernement les présentait en terroristes, la Monusco a encore émis des doutes. Il a fallu l’assassinat de ses experts pour qu’elle se ressaisisse.

Depuis 2010, a-t-il relevé, Kinshasa demande un plan de retrait de cette mission. "Il n’y a pas une cogestion de l’Etat congolais avec la Monusco", a-t-il déclaré.

Situation économique et sociale et Reconstruction

Derniers sujets abordés, la situation économique et sociale ainsi que la Reconstruction ont permis au Chef de l’Etat de faire constater l’évolution positive du cadre macroéconomique. "Notre bataillen c’est la stabilité du cadre macroéconomique et de la monnaie", a-t-il déclaré, l’objectif étant la diversification de l’économie.

A ce propos, il est de notoriété publique que l’attention a toujours été focalisée sur le secteur minier. Or, la priorité doit être l’agriculture.

Autre effort à faire : la nécessité d’un meilleur contrôle du secteur informel absorbant 70 à 80 % de l’économie. Ce qui nécessite des réformes appropriées, notamment dans la fiscalité.

Pour les infrastructures, il a mis l’accent sur le désenclavement du pays par le réseau routier, citant les RN Banana- Sakania en passant par Matadi, Kinshasa, Kikwit et Tshikapa ; Lubumbashi-Kolwezi en passant par Likasi avec destination Dilolo ; Lubumbashi-Mbuji-Mayi-Kananga, Bukavu-Uvira-Kalemie-Lubumbashi etc. C’est par ce réseau qu’il est possible de fluidifier le commerce interprovincial.

Questions-réponses

En introduction de la partie "questions-réponses", le Président de la République a prévenu la presse : les questions doivent porter sur des institutions et non sur des individus.

Partie à suivre dans la prochaine livraison.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

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